Vous avez certainement déjà eu vent des bruissements du marché insinuant que MTS serait en vente. Certains disent qu’il ne s’agit que de rumeurs apparues on ne sait trop comment dans la presse et qu’il ne faut surtout pas commenter. Ne disposant d’aucune réelle information, il nous suffit de faire œuvre de bon sens pour se rendre compte que cette rumeur est très vraisemblable.
- D’une part, la direction ne confirme, ni ne dément cette information. En CSE, elle a tout juste assumé un changement de discours : MTS n’est plus présenté comme pourvoyeur d’innovation chez Worldline, mais comme un asset dont on étudie la pertinence. Cette posture hypocrite permet d’entretenir l’ambiguïté lui offrant le luxe de pouvoir jouer sur plusieurs tableaux.
- Cette atmosphère d’anticipation d’un événement incertain et anxiogène est démoralisante et paralysante pour beaucoup.
- Cela peut contribuer à faire gonfler l’anxiété poussant des dizaines de salariés à partir à la recherche de plus verts pâturages et ce, sans avoir à les y encourager pécuniairement. Qui s’en plaindrait ?
- Ce ni oui ni non, inhibe toute velléité d’action des syndicats, jusqu’à ce qu’il soit bien trop tard pour que ces derniers puissent espérer réellement influer sur le cours des évènements si près de l’échéance, notamment en matière d’obtention de garanties contractuelles quant à l’avenir des salariés et à la protection de leurs intérêts. (Bien que ça ne nous empêchera pas de nous battre pour les meilleures conditions)
Gardons à l’esprit que la société qui vend ne se sent pas très concernée par l’état émotionnel du cheptel qu’elle cède à un nouveau maquignon. De toutes les manières, les sociétés qui rachèteront (par morceaux ou en intégralité) devront effectuer les soi-disant « synergies » consistant à rationaliser le portefeuille d’applications. Les coups de machette dans la masse salariale seront donc de mise.
- D’autre part, nous nous sommes positionnés en tant que « Champion des paiements », à l’exclusion progressive de toutes les autres activités et expertises de l’ancienne entreprise. Ainsi, nous ne sommes plus les experts de l’excellence en delivery de services digitaux, les virtuoses de l’innovation et les partenaires privilégiés des institutions bancaires et financières. Nous sommes, faute de mieux, devenus des spécialistes des paiements ; ou si on veut être honnêtes, devant le rétrécissement de toutes nos perspectives, notre patrimoine génétique s’est tellement affaibli que nous ne sommes plus capables d’exister que sur un marché où les perspectives de marge éveillent encore la convoitise d’actionnaires qui ne semblent pas particulièrement briller par leur sagacité d’esprit.
Et alors que plusieurs marchés de MTS présentent, si l’on investit un peu dessus, des perspectives de croissance inouïe (Mobilité, Santé, Call-center as a service, etc…), nous préférons tel le dodo de l’île Maurice ou le panda géant chinois , nous réfugier dans une spécialisation subie au sein d’une niche écologique offrant un environnement moins exigeant, exempt de pressions excessives. Cette stratégie “adaptative” (adoptée avant Worldline par Kodak ou Blackberry) comme on le sait, ne leur a pas été favorable ; dès que quelques paramètres de l’environnement se sont modifiés, leur hyper-adaptation est devenu un handicap majeur à leur survie (moins de nourriture, trop de prédateurs). Que se passera-t-il si, comme le pensent certains analystes, nous sommes arrivés à la fin de la croissance du marché des paiements ?
- Enfin mettez-vous 5 minutes dans les têtes obtuses des banquiers qui forment la part majoritaire de notre actionnariat. Que comprennent-ils de l’univers des services digitaux, hormis qu’il ne représente pas la partie “noble” de l’activité de Worldline (en l’occurrence le monde de la finance et des paiements) duquel ils ont la gloire d’être issus ?
Ils ne sauraient pas reconnaitre une idée disruptive même si elle leur mordaitl’arrière-trainle bilan comptable. Pensez-vous qu’ils auraient inventé AirBnB ou Waze, même avecun pistoletune macro Excel sur la tempe ?
Revendre MTS, une fausse bonne idée !
Alors oui, à la CFTC nous avons la conviction que si on laisse faire, les jours de MTS sont comptés (et peut-être pire – peut-être est-ce Worldline qui est à vendre). Et ce ne sera pas nécessairement une bonne chose, ni pour l’avenir des restants chez Worldline, ni pour les partants vers d’autres horizons incertains. A la CFTC, nous estimons que nous sommes tous dans le même bateau.
C’était déjà notre point de vue lors de la dernière négociation sur la rupture conventionnelle collective. Pour nous, il était inconcevable de détacher le sort de ceux qui partaient de celui de ceux qui restaient. Il était aussi encore inconcevable de privilégier les gros salaires ou les grosses anciennetés au détriment des salaires et des anciennetés plus modestes.
Alors que tout semble se précipiter, Il est urgent de sortir de ces distinctions et de ces divisions. L’unité a toujours été et restera notre doctrine.
Alors qu’il y a à peine 1 an, il était question de se séparer de 8% de nos collègues, aujourd’hui, il est carrément question pour le France de fendre la pomme en deux pour ne plus en conserver qu’une moitié. Voyez-vous le pattern ? Pensez-vous sincèrement que nous sommes à la fin de nos tribulations ?
Dans quelques mois, il pourrait être trop tard pour se battre.
Si vous pensez qu’il ne faut pas laisser faire, si vous pensez que quand bien même ce Conseil d’administration aux abois est en position d’imposer le menu, c’est à nous salariés de choisir la sauce, alors préparons-nous à l’action.
Nous avions malheureusement fait ce même appel en 2023, au moment de l’annonce de Power24. Nous avions promis que nous nous battrions pour garantir des bonnes conditions aussi bien pour ceux qui restaient que pour ceux qui partaient. L’histoire a montré que nos 20% de représentativité obtenus lors des dernières élections ne nous mettaient pas en position de force face à la direction pour faire valoir ces idées pourtant tellement légitimes.
Alors, aujourd’hui face au nouveau tsunami qui menace de déferler sur nos collectifs de travail, et même si nous n’avons pas la possibilité de choisir le menu, nous vous faisons la promesse de faire tout ce qui sera en noter pouvoir pour relever la sauce. Nous essaierons de réactiver la dynamique intersyndicale (aujourd’hui très affaiblie) ; et s’il le faut, nous monterons seuls sur les créneaux.
L’union fait la force : rejoignez-nous !
Pour ce faire, la CFTC, syndicat représentatif parmi les salariés MTS, a besoin de vous. N’attendez pas que l’on décide de votre avenir à votre place et sans que vous n’ayez mot à dire, devenez les empêcheurs de tourner en bourrique, le bâton dans les roues de la prédation financière et rejoignez-nous. Cela s’avère encore plus crucial qu’il y a un an !
Rejoignez l’action syndicale. Ne serait-ce que pour des raisons pragmatiques : pour vous protéger. En matière de lutte sociale, il n’est pas exclu que comme beaucoup des membres de notre liste, l’appétit vous vienne en mangeant. Commencez par simple intérêt personnel et laissez-vous prendre au jeu de la lutte pour le bien commun.
Après Winter 24, des temps difficiles nous attendent encore, (Grapinet nous avait mis en garde), n’attendez pas des autres salariés qu’ils se lèvent pour vous si vous n’êtes pas disposés à le faire pour eux. La passivité n’est pas la bonne réponse ! Rejoignez-nous !!!!
Bien à vous,
Toute l’équipe CFTC





