Paroles de salarié démissionnaire [38] trop de financier, trop peu d’humain

In Paroles de salariés

Bonjour à tous,

aujourd’hui un témoignage d’un ex-collègue qui exprime tout haut ce que beaucoup d’entre nous ressentent au sujet de l’entreprise : une déshumanisation progressive, et une direction financiarisée et top-down qui lasse et épuise les salariés du terrain (les “doers” que la direction plébiscite pourtant).

Merci à ce salarié pour son témoignage, et on lui souhaite le meilleur pour la suite de sa carrière, dans une entreprise qui correspondra mieux à ses aspirations.

L’équipe CFTC

Quelles sont les raisons de ton départ ?

Plusieurs éléments ont motivés mon départ, il est impossible de tous les lister, mais voici les principaux :

  • D’une part, une frustration croissante liée aux décisions du top management sur les derniers mois/années : le Move to Cloud qui a été imposé sans donner aux équipes les moyens humains et la formation nécessaire pour le mener à bien ; cette volonté d’offshorisation tout azimut vers les GCC en low-cost country au détriment de la qualité et la stabilité au sein des équipes.
    La charge de travail augmente, avec des plans de réduction de coûts successifs, les multiples réorganisations, qui n’apportent pas réellement les résultats escomptés, et ont rendu la gestion managériale difficile. Les derniers mois/dernières années ont été très compliquées à gérer personnellement et j’ai compris que mon projet professionnel devait changer. Cette décision a été compliquée à prendre, car je me sentais coupable d’abandonner mon équipe dans une période délicate.
  • D’autre part, le déménagement sur le site ToLyon, qui allonge grandement mon trajet quotidien, avec une crainte que le télétravail soit plus limité à l’avenir.

Qu’est-ce que tu as aimé chez Worldline ?

Ce que j’ai le plus apprécié, ce sont mes collègues, mon équipe et toutes les personnes que j’ai croisé pendant mon passage chez Worldline. Cet esprit d’entraide qui existait encore il y a quelques années chez Worldline : la possibilité de solliciter de l’aide rapidement sans mettre à mal l’organisation des équipes/projets concernés. Aujourd’hui, les équipes sont sous l’eau, n’ont plus le temps de filer des coups de main, tout est déshumanisé et les échanges se font par commentaires sur un ticket SNow/Jira.

Qu’est-ce que tu n’as pas aimé chez Worldline ?

Tout ce qui fait qu’aujourd’hui j’ai décidé de quitter Worldline.
S’ajoute à ça, la fracture entre le Top Management et les équipes opérationnelles. Lorsqu’on remonte à plus de 2 niveaux de management dans la hiérarchie, on se rend compte de la méconnaissance de la réalité du terrain.

Si tu pouvais changer un truc chez Worldline, qu’est-ce que cela serait ?

Je mettrais fin aux exercices répétés de réduction des coûts et d’effectifs sans résultats concrets et je prônerais une écoute active des équipes terrain, en leur donnant les moyens nécessaires à l’atteinte de leurs objectifs. Cela permettrait de stabiliser la production, de renouer les liens avec les clients et, à terme, d’aider à redorer l’image de marque de l’entreprise.
La principale valeur ajoutée de l’entreprise restera toujours la qualité des personnes qui la compose, et ça il ne faut pas l’oublier.

You may also read!

Temps partiel 80% et Cotisations retraite 100%

Chez Worldline, les salariés à temps partiel dont la durée de travail est supérieure ou égale à 80 %

Read More...
On a vu la lumière

Immobilier, Projet Lumos, budget – CSE MeTS d’avril ! 

Bonjour à toutes et à tous,  Votre équipe CFTC était présente lors de la plénière ordinaire du 21 avril. Dans cette période

Read More...

Paroles de salarié démissionnaire [39] trop de flou sur l’avenir

C'est à nouveau un salarié avec un beau parcours professionnel chez Worldline qui nous quitte. Nous pensons que ses

Read More...

One commentOn Paroles de salarié démissionnaire [38] trop de financier, trop peu d’humain

  • volonté d’offshorisation tout azimut vers les GCC en low-cost country au détriment de la qualité et la stabilité au sein des équipes ==> Autant pour la fameuse souveraineté digitale. De plus, cela va rendre très difficile la transition vers des modes de developpement basés sur l’IA qui accélèrent les cycles de façon drastique. La nécessité d’une collaboration encore plus étroite et rapprochée voire quasiment synchrone entre les différents métiers risque de se heurter de plein fouet à un truc aussi con que le décalage horaire.

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Mobile Sliding Menu