Projet de fermeture de Tours, turbulences financières… – CSE Juillet 2026

In CSE Worldline

La direction a choisi le CSE du 28 juillet dernier, en plein milieu de l’été, pour annoncer officiellement aux élus son intention de fermer le site de Tours… D’autres sujets importants étaient à l’ordre du jour. Comme toujours, nous estimons primordial que vous soyez bien informés afin de décider de votre avenir chez Worldline et de peser collectivement sur le devenir de nos emplois. Bonne lecture !

Expertise sur la situation économique et financière – Worldine en zone de turbulence

Entre endettement, perte de profitabilité et zones d’ombre sur l’avenir des effectifs, le point sur les résultats financiers de l’entreprise 2025. L’analyse du cabinet Aliquis, convaincante comme chaque année, est sans appel.

2025 a été marquée par une chute des résultats du Groupe. La marge EBITDA a reculé de 229 millions d’euros, et le free cash-flow est négatif  à -27 M€. Ce recul n’est pas uniquement conjoncturel, mais structurel. Alors que le marché du paiement en ligne progresse, Worldline enregistre une baisse d’activité. La perte de contrats significatifs (FS et MS) et les retards dans la livraison de logiciels pour terminaux ont pesé lourdement.

Le plan “North Star” : une logique de survie financière

L’expertise confirme que le plan North Star  est moins un projet industriel stratégique de croissance que d’un programme financier de gestion de la dette. Avec une dette brute d’environ 3 milliards d’euros, chaque action de la Direction est dictée par la nécessité de rassurer les créanciers et de maintenir la note de l’agence Standard & Poor’s.

Actuellement, à la suite des 8 “divestments” (cessions, etc) et de la levée de fonds de 500M€, le financement de la dette est assuré jusqu’à fin 2027 (seulement). La priorité de la direction est de dégager de la trésorerie pour refinancer la dette avant 2028. A noter que le coût annuel de la dette a sérieusement augmenté avec l’augmentation des taux d’emprunts.

Commentaire CFTC : Concrètement, on peut craindre de nouvelles augmentations de capital ou/et de nouvelles cessions en 2028, avec notamment PFI (ex-FS) comme actif “détachable”. De plus, comme nous le répétons dans nos articles, le risque à moyen terme est que cette priorisation financière court-termiste sacrifie l’investissement technologique indispensable pour rester compétitif face à une concurrence qui, elle, affiche une croissance annuelle de 5 %. Autrement dit, le mode survie d’aujourd’hui peut entraîner notre perte à moyen terme.

Les zones d’ombre : TSA, Magellan et emplois

Un point préoccupant concerne les contrats de services transitoires (TSA) avec Magellan. Si ces contrats permettent une manne financière temporaire, leur fin programmée (dans 6 à 36 mois selon les services) laisse planer une incertitude majeure sur la charge financière qui retombera alors sur le périmètre restant de l’UES Worldline France.

La Direction oppose une fin de non-recevoir sur la transparence totale de ces données, invoquant la confidentialité. Pourtant, pour les élus, l’enjeu est limpide : lorsque ces contrats cesseront, que deviendront les effectifs travaillant actuellement sur ces enjeux (IT, Cloud, GSF) ? La Direction affirme que des solutions de mobilité seront possibles, mais l’absence de données précises sur les ETP concernés empêche toute anticipation réelle.

La faillite du modèle “CAWL”

Le dossier de la co-entreprise avec le Crédit Agricole (CAWL) illustre la complexité des montages financiers du Groupe. Après avoir englouti des millions d’euros d’investissements sans jamais générer de profit, la participation de Worldline dans la JV a finalement été cédée. Ce dossier, qui devait être un levier de croissance majeur, symbolise les erreurs stratégiques passées : un montage juteux sur le papier peu devenir un gouffre financier si la mise en œuvre opérationnelle n’est pas pensée soigneusement.

A noter que d’autres JV s’arrêtent (ANZ…).

Une pression accrue sur les salariés

En séance, vos élus ont exprimé une crainte légitime : celle du “toujours plus avec moins”. Malgré une baisse des effectifs (notamment en France), la Direction maintient des objectifs ambitieux. La productivité est sollicitée à l’extrême, au risque d’épuiser les équipes.

En conclusion : la méfiance est de mise

La Direction assure rester “optimiste” et concentrée sur le respect de ses engagements financiers pour 2026-2027. Mais comme l’ont souligné vos élus, les plans de redressement se succèdent sans résultats probants pour les salariés. Un second livrable de l’expertise, en octobre, devra impérativement apporter des réponses sur la structure des coûts et la viabilité de l’emploi en France.


Projet de fermeture du site de Tours : le CSE combattif

La Direction de Worldline a présenté lors du dernier CSE un projet de fermeture du site de Tours d’ici février 2027, avec un transfert des 170 collaborateurs vers le « hub » de Blois. Sous couvert de “rapprochement managérial” et d’optimisation immobilière, ce projet soulève de graves inquiétudes et des interrogations sur les intentions réelles de la direction. Vos élus ne vous laisseront pas sans réponse, nous travaillons d’arrache-pied avec la CGT et la CFDT.

Résumé de 2 heures d’échanges en CSE…

Une logique comptable

La Direction justifie ce déménagement par une volonté de créer un « hub régional » en région centre. Elle avance aussi la fin du bail en mars 2027 et une sous-occupation des locaux (taux de présence estimé à 30% via badges). Pourtant, derrière les arguments de “dynamique collective”, le dossier est avant tout financier : des centaines de milliers d’euros de frais fixes annuels sont dans le viseur.

Ce projet est présenté comme une simple “optimisation”, mais il ignore les réalités du terrain. Fermer Tours pour saturer les sites de Blois, c’est transformer le quotidien de 170 salariés, qui devront subir des frais de déplacements considérables, des temps de trajet lourdement allongés et une dégradation de leurs conditions de vie. Et dégrader celui des 450 blésois (site, parking, espace de restauration).

Des zones d’ombre qui persistent

Vos élus ont vivement contesté la méthode et les données fournies par la Direction :

  • Des chiffres douteux : Le calcul des taux de présence basé sur des lectures de badges est jugé non fiable par les élus. La réalité du terrain et les chiffres OneFlex montrent un site de Blois nettement plus fréquenté que ce que les slides de la Direction laissent paraître. Pour calculer le taux de Flex prévisionnel à Blois, la direction s’est basée sur des effectifs sous-évalués (les alternants semblent avoir été « oubliés »). Les temps de trajet semblent également sous-évalués.
  • L’impréparation du “Zoning” : La Direction prévoit d’augmenter la densité sur Blois sans garantie de pouvoir accueillir les équipes dans des conditions dignes. L’expérience passée des déménagements/réaménagements à Lyon, Blois et Seclin a montré que le manque d’anticipation mène inévitablement à un atterrissage chaotique.
  • Le sacrifice du vivier local : En quittant Tours, Worldline s’éloigne de son tissu universitaire, pourtant essentiel pour le recrutement de jeunes talents. Le déplacement

La réponse du CSE : Recours à une expertise

Face à l’urgence du calendrier imposé par la Direction (fermeture prévue en février 2027), vos élus ont décidé à l’unanimité d’avoir recours à un cabinet d’experts qui pourra analyser finement les aspects économique, juridique ,conditions de travail et risques psycho-sociaux du projet, et challenger la faisabilité réelle du projet et les coûts et gains projetés.

Revendiquer une meilleure solution et se mobiliser

La direction a accepté de reporter la fin de la consultation à octobre pour permettre à l’expert de travailler sérieusement. Nous avons également demandé :

  • La création d’un Comité Projet paritaire : Les élus doivent être associés à la construction du projet, pas seulement informés de décisions déjà prises.
  • Des mesures d’accompagnement réelles : La Direction doit mettre sur la table des solutions concrètes pour compenser les trajets, les frais et les contraintes personnelles.
  • La transparence : Nous demandons que les chiffres soient basés sur une réalité humaine, et non sur des moyennes statistiques déconnectées du quotidien des salariés.

Commentaire CFTC : face à ce projet qui vise probablement à provoquer des démissions pour alléger la masse salariale,nous sommes mobilisés en intersyndical avec la CGT et la CFDT pour que la direction maintienne des locaux Worldline suffisamment grands afin de permettre à tous les salariés de Tours de continuer à exercer leur poste.La mobilisation des salariés sera sans doute nécessaire pour obtenir gain de cause, l’union fait la force !

Le budget Corpo revient

Un sujet plus léger : après de nombreuses relances des élus et quelques mois d’interruption, la direction RH a accepté de reconduire le budget « corpo ». Le but de ce budget est que les salariés Worldline portant les couleurs de l’entreprise lors d’événements sportifs (course à pied, foot inter-entreprises, …) se voient remboursés d’une partie de leurs frais (d’inscription).

Le budget est plutôt en augmentation (relativement à la population en baisse), en revanche les frais ne seront désormais remboursés qu’à 60%, contre 100% auparavant. La direction explique que c’est pour éviter que le budget ne soit épuisé trop rapidement dans l’année, comme cela est arrivé.

Pour en bénéficier, rapprochez-vous de vos élus CSE, car c’est le CSE qui est en charge de gérer la prise en charge des remboursements…

Suivi de la GEPP

La mise en œuvre par la direction de cet accord soulève régulièrement des questions. Parmi les anomalies remontées ce mois-ci, il semblerait que certains salariés en Job Role sensible reçoivent de leur HRBP des informations contraires au contenu de l’accord. Ou encore que des salariés en Job Role sensible ne se voient pas proposer des postes qui pourraient pourtant leur correspondre.

Plus que jamais, la CFTC est satisfaite de ne pas avoir signé cet accord, qui comme nous le craignions n’est pas utilisé dans son but théorique : conserver l’emploi en France.

Résultats de la dernière enquête Heartbeat

Festival de langue de bois : La direction a refusé d’évaluer si les résultats correspondent aux attentes ou non. Elle a prétendu que son but était d’améliorer ces chiffres via un plan d’action ciblé, mais n’a pas indiqué dans ces slides les tendances pour chaque chiffre (hausse ou baisse).

Les constats principaux, côté négatif :

  • les salariés ne comprennent pas bien comment North Star se décline concrètement sur leur périmètre local
  • ils trouvent que certains Worldliners n’assument pas pleinement la responsabilité de leurs actions, et ne la jouent pas tous “collectif”.

Côté positif :

  • les salariés se sentent plutôt en sécurité pour lever des alertes (problèmes de conformité réglementaire par exemple),
  • les salariés trouvent généralement que leurs collègue sont engagés, résilients et courageux

Complémentaire santé : les comptes sont revenus à l’équilibre

Le rapport annuel 2025 de l’assureur a été présenté aux élus. La couverture de soins reste globalement très bonne.

Les cotisations avaient été augmentées au 1er janvier 2025, suite à une année 2024 déficitaire. Un changement de prestataire avait également été opéré, suite à une remise en concurrence de l’assureur historique.

Pour 2025, les comptes sont globalement équilibrés. Le régime général (salariés, familles à charge) est dans le vert (les cotisations couvrent plus que les soins remboursés). En revanche, le régime des conjoints payants (conjoints non à charge, concernant un effectif moindre) est lourdement déficitaire. Une action pourrait donc être prise en 2027 ou 2028 pour réhausser les cotisations des conjoints non à charge, afin d’éviter que les Familles à charge « payent » pour eux.

Stocks de PC

Les élus ont remonté des stocks de PC très bas (à Seclin et Lyon principalement), laissant craindre une pénurie à la rentrée. La direction a répondu qu’en cas de besoin, des envois de PCs entre sites pourraient être effectués pour pallier ce problème.
PPV de 500€ pour les alternants : la direction inflexible

La direction prévoit de la verer à tout salarié présent à l’effectif au 30 septembre. Le CSE a demandé que tout alternant ou salarié quittant l’entreprise après le 1er juillet soit éligible à cette prime, considérant qu’ils ont contribué à la bonne marche de l’entreprise.  La direction a refusé, arguant que son but est d’accompagner les salariés présents.

N’hésitez pas à réagir en zone de commentaire ci-dessous !
Bien à vous, l’équipe CFTC

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