Billet d’humeur – Offshore : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ?

In Billet d'humeur

Ca fait longtemps qu’on n’avait pas fait de billet d’humeur !

« En essayant continuellement, on finit par réussir… Donc plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. »

Les Shadoks

En ce sens nous ne sommes jamais déçus des décisions stratégiques et organisationnelles de Worldline. Pourquoi, nous direz-vous « perdre son temps à se lamenter à propos des décisions unilatérales du management ? La lumière n’est-elle pas au bout du proverbial tunnel ? ».

Forts de cette sagesse, nous pourrions presque nous réjouir à la lecture du témoignage qui suit.


“Another one bites the dust”

Une équipe entièrement investie dans son offre, brillante dans la gestion de ses clients et toujours disponible pour les réponses aux appels d’offres, est soudainement réaffectée au sein d’un autre département, du jour au lendemain, sans concertation ni information préalable.


Cette décision stratégique est agrémentée de son habituelle soupe : de “l’Equivalent Temps Plein” offshorisé à souhait (emploi délocalisé dans un pays à bas coût, en langage courant), le Saint Graal de la maitrise des coûts. Cette préparation, du reste très prisée par les grands groupes cotés en bourse, jouit de la réputation de redonner de la vigueur aux marges opérationnelles brutes atteintes de flaccidité.

Même si les résultats observés depuis 15 ans ne sont pas probants, tous les gourous des grandes majors du consulting s’accordent à placer leur confiance dans ce complément élémentaire, certaines ne jurant que par lui. Et malgré des bénéfices réels généralement mitigés, ce plat reste au menu de tous les grands programmes de transformation et de réingénierie organisationnelle des groupes souffrant d’insuffisance de résultats.

Continuons, la pente est raide mais la route est droite.

« Worldline ne pourra pas continuer à ne payer que des français quand les concurrents prennent des indiens, sinon on va perdre nos marchés. C’est triste, mais c’est la dure réalité qui a touché le textile dans les années 80 avec la Chine qui arrive dans la tech en Europe en 2025 ».

Outre la finesse et l’empathie dont regorge cette assertion réellement entendue, force est de constater qu’elle sonne le glas d’une culture du professionnalisme et de la compétence. La complexité ainsi que la subtilité d’une carrière établie sur le perfectionnement des compétences techniques et relationnelles, se dissolvent dans le nihilisme des voraces marchés financiers.


Le professionnel accompli dans son métier cède la place à l’exécutant sans passion, au débit régulier, uniforme et garanti, véritable robinet à code. Il n’est plus qu’une figure d’un passé qui s’efface pour laisser émerger un présent dystopique fait de quantités, de coûts, de capacités à produire, et de marges brutes.

En résumé, la maîtrise et l’expertise jadis si précieuses, n’exercent désormais guère plus d’attrait que le fatalisme de l’industrieux tisseur de coton, fondu dans une masse informe, impersonnelle et immatérielle, de flux financiers, d’économies d’échelle et de bilans comptables.

Le cas relaté ici n’a hélas rien d’exceptionnel. Il n’est pas une simple anecdote ou une petite aberration survenant çà et là, mais bien la matérialisation d’une volonté systématique, qui telle un rouleau compresseur, vise à uniformiser et standardiser les individus et les équipes.


Bien évidemment, il est entendu que les changements organisationnels sont nécessaires au sein des entreprises, parce qu’ils permettent de s’adapter et d’évoluer. Mais les façons de penser qui président à ces changements dans notre entreprise ne peuvent que nous inquiéter.
Les manières de procéder et les façons de justifier trahissent une véritable dérive déshumanisante, qui provoque une chute, peut-être irrémédiable : celle de la qualité de nos projets et de la confiance des équipes. Si l’objectif recherché de ces changements est la perte de valeur vis-à-vis de nos clients, nous ne doutons pas qu’il soit atteint.

Envahies par le sentiment d’être en permanence trompées, inconsidérées et traitées comme des êtres sans discernement, les équipes opérationnelles, désorientées et désabusées, sombrent dans la démotivation et la colère. Elles pensaient être Worldline, mais se rendent compte avec dépit, que cette dernière n’est plus qu’un froid montage financier, sans attaches, sans loyauté et sans ancrages géographiques ni humains.

Si comme c’est le cas avec l’équipe mentionnée, vous vous sentez trahis, malmenés et dépréciés, alors ne vous laissez pas sombrer dans un sentiment d’isolement; ce qui vous arrive, arrive à plein d’autres. Venez nous confier vos vécus quotidiens, l’équipe CFTC se tient à votre écoute. En plus d’enrichir notre réflexion, le recueil de vos histoires personnelles nous permettra d’influer et de continuer à proposer un modèle différent, conforme à nos valeurs et centré sur l’humain.

L’équipe CFTC

You may also read!

RCC – nos propositions pour ceux qui partent

Retrouver les mesures défendues par la CFTC pour les salariés qui restent dans ce précédent article. En premier lieu nous

Read More...

Un autre monde

Disponible en replay ici : https://www.france.tv/france-2/un-autre-monde/5800047-un-autre-monde.html Nous vous conseillons ce film, avec Vincent Lindon, "Un autre monde". Un film

Read More...

Réenchanter Worldline

Arrivée ce matin dans les locaux de l'entreprise. Quelque chose est différent. Vraiment différent. Pourtant cela faisait longtemps que

Read More...

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Mobile Sliding Menu