NAO 2022 : la direction doit faire un geste fort

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Comme chaque année, la Négociation Annuelle Obligatoire censée conduire à un accord sur les augmentations pour l’exercice en cours a démarré et est déjà bien entamée.
Dans un contexte général plutôt difficile, ce millésime 2022 devrait être pour notre direction l’opportunité d’un signal fort vers les salariés, qui sont de plus en plus nombreux à douter de la volonté de la notre société de soutenir un pouvoir d’achat mis à rude épreuve par une série d’évènements dont il est superflu de dresser la liste.
La direction soutiendra-t-elle le pouvoir d’achat des Worldliners, cherchera-t-elle à réaligner les salaires au niveau du marché ? Ou laissera-t-elle filer, comme par le passé, se contentant de lâcher le strict nécessaire aux populations les plus volatiles afin d’en contenir les velléités de départ ?

Une NAO 2021 ratée

Rappelons le contexte : après une année 2020 sans augmentations, la NAO de mi-2021 avait abouti à une enveloppe d’augmentations de 3%. Celle-ci s’est avérée trop faible dans les mois qui ont suivi, avec les conséquences que l’on a constaté : turnover élevé, projets en sous-effectif, et réaction en urgence de la direction fin 2021 avec plusieurs vagues d’augmentations ciblées.
Adressé à la frange la plus récente des Worldliners (moins de 10 ans d’ancienneté), « l’effet Domino » a été généreux pour ses bénéficiaires (environ 7% de « montant » moyen et 1050 personnes concernées). Il visait à pallier notre manque d’attractivité salariale par rapport au marché. D’autres programmes plus discrets et plus ciblés ont aussi été appliqués (rétention, promotion et rattrapage de salaires). Au total, cela représente encore un peu plus de 3% de masse salariale ayant bénéficié à 43% des salariés français.
Aujourd’hui, la direction sait que cela ne suffit pas pour stabiliser les effectifs, puisque la politique RH de Worldline pour 2022 est résumée par le leitmotiv affiché : « recruter et retenir ». A ce titre la NAO 2022 est un rendez-vous qu’elle ne doit pas rater.

2022 : une année très particulière

En effet, le marché du recrutement de l’IT est extrêmement favorable aux salariés. Les salaires sont en hausse, beaucoup d’entreprises de type ESN doivent recruter à tout prix pour remplacer les départs massifs qu’elles ont connus. Autre tendance du marché, des postes d’un type nouveau sont ouverts sur toute la France voire au-delà (télétravail à 100% et salaires parisiens, par exemple).
Le contexte économique de 2022 est aussi spécial, et plutôt inquiétant, avec une inflation galopante (estimée pour le moment dans une fourchette de 3.7% à 4.4%), en rupture avec les années précédentes.

Pour éviter une perte de pouvoir d’achat des salariés liée à l’inflation, et compenser le l’effondrement du ratio AG / inflation des années précédentes (AG=augmentation générale), la CFTC revendique une AG de 5%, et même 6.5% pour les salaires les moins élevés (détails de nos revendications sur notre site). Nous avons également réclamé que l’effet Domino soit étendu à tous les salariés, afin de réparer l’injustice commise.

Une politique salariale à 2 vitesses ?

Malheureusement, la NAO 2022 ne semble pas partie sur de bons rails. La direction propose une Augmentation « Générale » minimaliste : 40€ mensuels (soit 1.15%, rapporté à un salaire annuel de 45 K)… et ce serait uniquement pour les salariés n’ayant pas bénéficié des plans de revalorisation salariale. L’enveloppe d’Augmentation Individuelle envisagée n’est guère plus réjouissante, en baisse par rapport à 2021, à rebours du contexte économique.
Si l’on en restait là, les 57% de Worldliners non revalorisés récemment verraient presque tous leur pouvoir d’achat à nouveau amputé. Pour eux (souvent des « anciens »), la frustration d’avoir été délibérément laissés pour compte de l’effet Domino finirait par s’enkyster définitivement ; au risque d’une démotivation définitive et d’une vague de départs encore plus coûteux pour l’entreprise.

La CFTC exhorte la direction à changer son fusil d’épaule et à revoir sa politique inique concernant cette population expérimentée et précieuse. Ne laissons pas s’installer sur le long terme une politique salariale à 2 vitesses, génératrice de sentiments de colère et d’injustice et délétère pour l’ambiance de notre entreprise.

Restaurer la confiance

La CFTC ne souhaite pas que Worldline connaisse une nouvelle vague de démissions qui fragiliserait à nouveau nos projets. Nous ne souhaitons pas non plus un éventuel 2ème « effet Domino » qui viendrait tenter de limiter les dégâts causés par les décisions précédentes, en créant de nouveaux problèmes.
Nous demandons un geste fort de la direction dès cette NAO, pour laisser derrière nous le gout amer des injustices commises, et réparer le mal déjà fait. Oui, nous voulons que Worldline redevienne une entreprise où l’on s’investit durablement, plutôt qu’elle ne soit qu’un moyen d’ajouter « une bonne ligne sur notre CV », pour paraphraser les propos énoncés, il y a quelques années, par Mr Grapinet.

Toute l’équipe CFTC.

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