Accord ou désaccord ?

In Intéressement, Votre avis nous intéresse ! On
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La négociation relative à l’intéressement chez Worldline s’est terminée il y a quelques jours. La direction a soumis aux organisations syndicales la dernière version d’un projet d’accord.

L’équipe CFTC ne sait pas pour l’instant quelle position elle adoptera : signature ou rejet de la proposition de la direction ?

Nous tenterons dans cet article de vous donner l’ensemble des informations nécessaires à la compréhension des enjeux de cette négociation afin que vous puissiez vous aussi participer à notre décision.

Très bonne lecture !

Un peu d’histoire

Il est toujours intéressant de jeter un œil dans le passé afin d’éclairer notre présent. Cette négociation s’inscrit dans une longue histoire qui a vu notre intéressement se dégrader au fil des années alors que dans le même temps notre entreprise n’a pas cessé de se rapprocher des sommets du CAC40. Etrange paradoxe que la CFTC et l’ensemble des organisations syndicales ont continuellement pointé du doigt lors des dernières négociations : l’enveloppe d’intéressement est insuffisante ; une entreprise comme Worldline doit faire de l’intéressement un dispositif central de la redistribution de la richesse que nous créons ; la direction doit accepter une formule beaucoup plus généreuse. La négociation de 2020 s’était conclue par un accord mais plusieurs réserves avaient été émises : nous signons cette année car nous avons progressé sur plusieurs dimensions du dispositif (refonte de la formule par exemple) mais ce n’est qu’un premier pas. La négociation de 2021 devra nous permettre de réaliser un véritable saut quantitatif du montant de l’intéressement. Dans le cas contraire, nous pourrions refuser de signer un nouvel accord. La mise en garde était donc très claire.

La proposition de la direction

Cette année, plusieurs réunions de négociation nous ont permis d’arriver à un projet qui apporte une modification notable au dispositif précédent.

Comme vous le savez probablement, notre intéressement est calculé en réalisant la somme de plusieurs « petits » intéressements :

  • Le premier est centré sur le taux d’OMDA direct de la France, qui en fonction de la profitabilité de notre géographie dégage une enveloppe plus ou moins importante.
  • Le second concerne la progression du taux d’OMDA du groupe Worldline. Plus la progression est forte, plus l’enveloppe dégagée par cet indicateur est importante.
  • Le troisième s’intéresse à la croissance du chiffre d’affaire de Worldline France. La comparaison des chiffres d’affaires de l’année courante et de l’année précédente, nous permet de calculer un taux qui détermine la somme à mettre au pot de l’intéressement.
  • Le quatrième est une copie conforme du troisième mais appliqué aux résultats du groupe Worldline.
  • Le cinquième, qui fut une nouveauté de la négociation 2020, introduit dans notre intéressement la prise en compte de nos prises de commande. Le montant des entrées de commandes (order entry) est rapporté au chiffre d’affaire qui nous permet ensuite de déterminer un montant d’intéressement en fonction de la qualité du ratio.
  • Le dernier concerne la responsabilité sociétale de Worldline. L’enveloppe dégagée est anecdotique et n’a pas évolué en 2021.

La proposition d’accord de la direction n’apporte aucune modification à ces 5 « petits » intéressements. En revanche, nos échanges ont amené la direction à ajouter un sixième  intéressement centré sur le niveau de profitabilité du groupe Worldline. Ce dernier est fonction uniquement de la profitabilité du groupe, il est donc indépendant de sa croissance d’une année sur l’autre. La neutralisation de la croissance est un point positif que nous n’avions pas réussi à obtenir lors des précédentes négociations. Remarquez en effet que le second « petit » intéressement ne dégage un intéressement que si l’OMDA du groupe progresse d’une année sur l’autre. En cas de décroissance, tant bien même notre taux de marge serait d’un très bon niveau, rien ne serait mis au pot. Cette modification de la formule vient donc apporter une réponse à cette insuffisance de la formule précédente.

Sur les estimations du montant de notre intéressement

Quelques chiffres :

L’intéressement 2019 nous a permis de distribuer une enveloppe légèrement supérieure à 5 millions d’euros. En 2020, la crise sanitaire a pesé négativement sur nos résultats, plusieurs indicateurs étant en retrait, et voit notre intéressement passer sous la barre des 4 millions d’euros. La nouvelle formule d’intéressement, qui introduit un nouvel indicateur comme nous l’avons vu, pourrait nous permettre de dégager en 2021 une enveloppe de 5,5 millions d’euros si nous réussissons à atteindre les objectifs budgétaires de notre direction. Le nouvel « petit » intéressement contribuerait à hauteur d’environ 700K€ à cette enveloppe globale de 5,5 millions d’euros. Notre intéressement moyen pourrait alors se positionner autour de 1400€.

La proposition de la direction permet une augmentation limitée de notre enveloppe d’intéressement.

Signature ou non signature ?

Avant de répondre à cette question, il est important de bien comprendre les conséquences que notre choix aurait sur le dispositif d’intéressement et le contexte particulier de cette négociation.

Premièrement, sachez qu’un dispositif d’intéressement ne peut pas être mis en place unilatéralement par la direction. Un accord collectif d’entreprise est nécessaire. Dès lors, si les organisations syndicales refusent de signer le projet de la direction, nous perdrions le bénéfice d’un intéressement au sein de Worldline.

Deuxièmement, ce projet d’accord a une durée limitée à une année. Il nous permettrait uniquement de calculer l’intéressement 2021 qui serait versé en 2022.

Troisièmement, cette négociation a été menée sans la participation des organisations syndicales de la société Ingenico. A l’inverse, la prochaine négociation, qui s’ouvrira en 2022, devrait inclure l’ensemble des organisations syndicales du groupe Worldline, Ingenico compris. Cette différence est notable, l’arrivée de nouveaux acteurs pouvant bousculer le cadre et les rapports de force des différents acteurs.

Quatrièmement, dans le cas où les organisations syndicales ne signeraient pas le projet d’accord, la direction s’est engagée à distribuer une prime dont l’enveloppe totale serait équivalente à celle qu’aurait dégagée l’accord d’intéressement. Remarquez que cette prime individuelle serait « chargée » intégralement (des cotisations sociales devront être versées) contrairement à l’intéressement (l’enveloppe nette serait donc inférieure à celle versée dans le cadre de l’intéressement), et serait distribuée à la discrétion de la direction.

Cinquièmement, il est probable que l’intéressement occupe une place non négligeable dans le « package » de recrutement de nouveaux salariés. En perdant l’intéressement, la direction perd un dispositif contribuant à son « attractivité ». Comme nous le mentionnions précédemment, cette perte est particulièrement douloureuse pour la direction car l’intéressement est un dispositif de reconnaissance à la fois « économe » et fiscalement avantageux : les cotisations sociales ne sont pas dues intégralement pour les primes d’intéressement (il coute moins chère de donner 1000€ d’intéressement que 1000€ de prime), le versement d’un intéressement donne droit une économie d’impôt équivalente à l’enveloppe versée.

Finalement, il est important de garder en tête  que notre objectif est de distribuer un intéressement conforme au statut de notre entreprise. Alors que Worldline est le leader du paiement en Europe, pouvons-nous nous satisfaire d’un intéressement moyen qui atteint difficilement un demi mois de salaire ? Quelle est la meilleure manière de parvenir à un accord qui nous permettrait de distribuer beaucoup plus généreusement la richesse que nous créons ? Est-ce que la méthode des petits pas nous permettra d’atteindre un niveau satisfaisant (en sachant que c’est ce que nous faisons depuis des années et que notre intéressement suit une pente stagnante voir déclinante) ? Ne serait-il pas préférable d’envoyer un message fort à la direction en lui indiquant clairement que notre intéressement n’est pas satisfaisant  et qu’il est nécessaire de relancer une négociation sur de toutes autres bases ? Devons-nous prendre un risque pour tenter de gagner gros, ou est-il préférable d’être prudent pour assurer un gain limité ?

Qu’en pensez-vous ?

Le formulaire de commentaire est juste là, nous vous invitons à l’utiliser pour répondre à cette question.

Bien à vous

Toute l’équipe CFTC

4 commentsOn Accord ou désaccord ?

  • Bonjour. 1400€ d’intéressement moyen ? le quidam est donc bien loin de la moyenne 🙁
    ça fait bien longtemps que l’intéressement a fondu à WL, et c’est bien dommage.
    Attendre une année en signant cet accord, pour espérer (« rêver » ?) de primes d’intéressement proches que celles de nos collègues Ingenico l’an prochain peut sembler une bonne idée. Mais la direction n’est jamais à court d’idées en ce qui concerne les pirouettes. Je donne ma voix au fait de boycotter l’accord de cette année, en espérant « peser dans le game » pour l’an prochain

  • Bonjour,
    Je ne suis pas familier de ce mécanisme, mais quelques réflexions peut être bêtes ou inappropriées, mais tant pis …..

    Ne pas signer, c’est ne rien recevoir. Est ce que les salariés peuvent se mettre assis sur 1400 euros ? Certains peut être, mais pour la plupart non. C’est un point important à prendre en compte. Vaut mieux un peu que rien du tout pour beaucoup.
    Ensuite, le nerf de la guerre, c’est de faire pression sur les revenus des dirigeants. Si ne pas signer, c’est leur faire un gros trou dans leur rémunération, alors il y a peut être quelque chose à tenter. Si ne pas signer, c’est ne pas les impacter significativement sur leurs revenus, alors, pensons avant tout à nous même et nous ne pourrons pas faire pression avec ce moyen.
    Ensuite, peut être d’autres moyens de pression. Sur le plan d’épargne entreprise, qui possède les droits de vote du fonds correspondant aux actions détenus par les salariés ? Si la gouvernance de se fonds permet de voter contre des propositions de l’entreprise à la prochaine assemblée générale des actionnaires, il y a peut être quelque chose à tenter. On imagine bien l’impact qu’aurait le vote contre les propositions de la direction par le fonds détenus par les salariés !
    Ensuite, il y aura d’autres accords à négocier. Je pense au télétravail. Quand je vois que la direction distribue une aumône de 20 euros pour le télétravail exeptionnel, alors que toutes les sociétés comparables versent au moins 50 euros par mois !!!!!!
    Je pense également à la mesure du temps de travail, les appels d’escalade vers les collaborateurs en dehors des heures de travail …..
    Je pense qu’il y a moyen de durcir certaines négociations afin de montrer à la direction que les salariés veulent revenir à une situation équilibrée.
    Mais le nerf de la guerre, est de tapé au porte monnaie des dirigeants. Ont ils pris des engagements vis à vis de la communauté financière et du conseil d’administration ? Comment peut on venir y mettre notre grain de sel ?
    Je conclurai par cette énormité de nos patrons Gilles Grapinet et Marc Henry Desportes qui veulent aligner leurs salaires avec ce qui se fait pour des entreprises équivalentes cotées au CAC 40. Et bien les salariés de WL, veulent la même chose les concernant, et que leur niveau de rémunération s’alignent sur ce qui se fait par ailleurs dans les autres sociétés du CAC 40.
    Ne faisons nous pas tous parti de la même entreprise ?

    • Merci LOL pour ce long commentaire.
      Vous relevez plusieurs points intéressants.
      L’équipe prendra sa décision dans la journée. Nous vous tiendrons au courant.
      Bien à vous

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