Burn-out : ashes to actions !

In Nos tracts On
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Pour que nos cendres ne soient pas dispersées au vent, apprenons à ne pas jouer avec le feu

Bonjour à tous,

S’épuiser au travail chez Worldline, est-ce vraiment possible ? Travailler au point de se brûler les ailes, mythe ou réalité dans notre entreprise ?  S’il est difficile de quantifier précisément le problème[1], nous estimons que plusieurs dizaines de salariés[2] se retrouvent chaque année au tapis : KO, à sec, il n’y a plus rien dans la pompe à énergie, toute la sève vitale a été absorbée par la machine Worldline, BURNT OUT ! Ne nous croyons pas plus costauds que tous les salariés qui se sont « brûlés » au boulot. Si nous ne changeons rien, demain nous serons les prochains sur la liste des blessés.

Analysons la situation.

Quelle est donc notre réponse collective face au burn-out ? Que mettons-nous en place ensemble pour circonscrire ce risque et prévenir que de nouveaux salariés soient touchés ? C’est principalement la Direction qui orchestre notre réponse. Sa solution s’organise autour de 2 pôles : une réponse technique d’une part, une justification idéologique d’autre part.

La réponse technique consiste à nous donner des « armes » pour nous défendre dans le cas où nous nous trouverions dans une situation à risque : formez-vous à la gestion du stress, « investissez sur votre santé physique et neuronale[3] », « développez votre résilience individuelle »[4], faites appel à un soutien psychologique dans les moments difficiles[5], etc.     

Cette réponse fait l’économie de toute critique de notre organisation. A aucun moment la Direction ne cherche à comprendre comment Worldline à travers nos conditions d’emploi et l’organisation de notre activité a rendu des salariés malades. Dans cette logique, le « problème » devient exclusivement individuel : aux salariés de changer et tout ira bien ! 

Cette réponse s’explique dès lors que nous saisissons l’idéologie sous-jacente qui la rend possible.  Idéologie que notre Direction trahit régulièrement par ses paroles lors des réunions du CSE, de négociations, ou des réunions générales.

En substance le burn-out est pensé à travers une grille d’interprétation qui permet de dégager systématiquement la responsabilité de la Direction. Cette lecture du problème participe d’une culture néolibérale qui fait du salarié le possesseur d’un « capital humain ». Chaque situation (personnelle ou professionnelle) offre une opportunité qu’il faut savoir saisir pour faire fructifier son « capital ». Une situation de crise professionnelle n’est donc plus un problème mais au contraire l’occasion de s’enrichir. On saisit sa chance comme on achète des actions à la bourse ; et de la même manière que les cours du CAC40 peuvent dégringoler, on peut s’effondrer en voulant décrocher la lune.

Tout devient alors cohérent : dans cette perspective, il n’y a pas de mauvaise organisation, seulement des situations qui dégénèrent du fait d’une gestion hasardeuse par les salariés. Corollaire : seuls les salariés peuvent être tenus responsables des burn-outs. Si l’un d’entre eux en vient à se brûler les ailes, c’est simplement qu’il n’était pas à sa place.

Or, toutes les études sérieuses sur l’épuisement professionnel[6] attestent au contraire du rôle central de l’organisation du travail dans le déclenchement de cette maladie : à travers ses choix d’organisation, l’entreprise est responsable du mal qu’elle fait aux salariés. Le salarié n’est pas coupable, il est plutôt la victime.

Nous mettons le doigt ici sur une lutte entre différentes interprétations : la première conforte la Direction dans ses choix, la seconde respecte et protège les salariés. Malheureusement, c’est la logique de la Direction qui prévaut aujourd’hui. Remarquez à quel point nous, salariés de Worldline, sommes souvent incapables d’articuler le moindre discours sur le burn-out : on n’en parle pas, on est honteux, encore tout imprégnés d’une pensée qui fait de nous les coupables. Nos réalités sont invisibles.

En conclusion, pour obtenir une solution pérenne à l’épuisement professionnel, nous, salariés, devons réussir à faire entendre un autre son de cloche à la Direction[7]. Nos souffrances ne doivent pas être balayées d’un revers de main condescendant ! Prenons la parole ! Soyons audibles ! Imposons nos réalités de salariés comme le cadre de référence pour penser les solutions à apporter au burn-out !

Pour cela, nous invitons tous les salariés ayant fait un burn-out à se rapprocher d’un membre de l’équipe CFTC pour témoigner. De manière anonyme, nous publierons prochainement les histoires des Worldliniens épuisés.

Bien  à vous

Toute l’équipe CFTC


[1] Le secret médical ne permet évidemment pas de connaitre les causes d’un arrêt maladie

[2] Extrapolation à partir des nombreux salariés qui nous parlent de leurs burn-outs

[3] Sous-titre de la conférence virtuelle « rebondir en situation de crise » organisée le 29/04/2020

[4] Ibid.

[5] Voir les communications en lien avec la hotline « Worldline for me »

[6] Pour une introduction voir la présentation de l’INRS http://www.inrs.fr/risques/epuisement-burnout/ce-qu-il-faut-retenir.html

[7] c’est cela, le véritable « empowerment »

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