Un PERCO chez Worldline ?

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La négociation relative à la mise en place d’un Plan d’Epargne pour la Retraite COllectif (PERCO) vient de commencer. Une première réunion s’est déroulée mardi 25 juin. Ce temps d’échange a permis à la Direction de nous présenter les grandes lignes de son projet, ses motivations et les objectifs qu’elle vise à travers ce dispositif.

Nous vous proposons aujourd’hui une rapide présentation de la première version du projet. Nous ne manquerons pas au fil de la négociation de vous tenir informer de son évolution.

Très bonne lecture.

Le contexte

La Direction semble avoir été sensible aux conséquences de la fusion des régimes AGIRC ARRCO, et tout particulièrement à la disparition des cotisations patronales et salariales liées à la garantie minimale de points (GMP).

Une inquiétude plus globale sur le devenir de notre système de retraite semblait transparaitre à travers les propos de la Direction.

Ce contexte particulier fut propice pour que la Direction France obtienne une oreille bienveillante de la Direction Générale. Après plusieurs années de refus, cette dernière a accepté qu’une négociation relative à la mise place d’un PERCO s’ouvre en France.

Les objectifs

L’objectif premier de la Direction est d’offrir un dispositif simple et efficace aux salariés afin que nous puissions tous préparer facilement notre retraite complémentaire.

L’accord « encouragera la constitution d’une retraite collective venant s’ajouter aux retraites de base et complémentaires obligatoires, en bénéficiant d’un régime social et fiscal favorable ».

Bénéficiaires et Alimentation

Tous les salariés en CDI ayant une ancienneté supérieure à 3 mois pourront demander d’adhérer au PERCO. L’adhésion sera évidemment facultative. 

Alimentation par les salariés

Les modalités d’alimentation sont assez classiques, on retrouve plus ou moins ce que l’on connait pour notre plan d’épargne d’entreprise :

  • Les sommes versées au titre de la participation pourront être affectées au PERCO
  • Idem pour nos primes d’intéressement
  • Et nous pourrons également alimenter volontairement le PERCO dans certaines limites restant à préciser

Alimentation  par la Direction

C’est l’un des avantages possibles d’un tel dispositif : la Direction pourrait abonder nos versements afin de nous aider à constituer une retraite complémentaire de qualité.

La première copie de la Direction propose d’abonder le premier versement de chacun des adhérents à hauteur de 300% dans la limite de 51€.

Elle accepte également de prendre en charge les frais annuel de tenue de compte qui devraient avoisiner 70€.

Point de départ modeste mais qui ouvre la porte à des améliorations futures. La Direction semble prête à discuter régulièrement du PERCO afin de l’étoffer au fil temps, jusqu’à arriver à un dispositif de qualité.

Nous tenterons dès cette première négociation d’améliorer la donne.

Banque et gestion des sommes collectées

Qui gérera les sommes collectées dans le cadre de ce plan d’épargne retraite ? Quels usages seront faits de nos avoirs? Quelles garanties avons-nous sur notre épargne ?

Les réponses que nous apporterons à ces questions nous engagerons sur de nombreuses années. Il est donc très important de prendre soins de bien mesurer les conséquences de nos choix.

La Direction a pour l’instant malheureusement fait le choix de la facilité. Sa réponse est toute pratique : aujourd’hui la Société Générale gère les avoirs des salariés de Worldline collectés dans le cadre du plan d’épargne entreprise. Il semble donc tout naturel de continuer à travailler avec eux, et d’élargir leur gestion au plan d’épargne pour la retraite collectif.

Ce choix nous pose différents problèmes que nous aimerions discuter avec vous.

En gérant des actifs considérables, les banques sont des acteurs clés de l’évolution des pratiques des entreprises. En investissant ici, en refusant là, elles ont la capacité de peser de tous leur poids et d’inciter les entreprises à devenir plus vertueuses. On pense particulièrement aux fonds injectés dans des industries contribuant aux dérèglements climatiques actuels.

Il n’y a pas forcément aujourd’hui en France une banque idéale, mais il est possible que certaines d’entre elles soient de moins « mauvais » élève.

Quelle banque choisir ?

Rappelons-nous en préambule qu’il y a quatre ans déjà, lors de la COP 21 en 2015 à Paris, les États se sont engagés à limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C, et à poursuivre les efforts pour tenter de le contenir sous 1,5°C. Une transition profonde de notre modèle énergétique doit s’opérer afin de limiter au maximum le recours aux énergies fossiles. Ces dernières étant responsables des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre et de 80% des émissions de CO2 au niveau mondial[1].

Dans ce contexte particulier de crise climatique mondiale, comment la société générale se comporte-t-elle ?

2 schémas tirés du rapport Oxfam 2018[2] pour essayer de mieux comprendre :

En 2017, les 6 plus grandes banques françaises ont investis plus de 22 milliards d’euros dans les énergies fossiles. A la suite de l’accord de Paris de 2015, et malgré de nombreuses prises de position affichant leurs volontés de contribuer à la réussite de l’accord[3], ces banques réussissent à réduire leurs investissements dans des énergies renouvelables. Dans le même temps, les investissements vers les énergies fossiles augmentent d’environ 1,8 milliard d’euro. La prise de conscience nécessaire pour réussir à préserver notre climat est donc loin d’être gagnée.

La Société Générale est dans le trio de tête des banques « polluantes » en investissant plus de 11,5 milliards d’euro dans des énergies fossiles en 2017. Sur l’année 2018, elle se démarque des autres acteurs en soutenant « les secteurs des énergies fossiles les plus dangereux pour le climat –  sables bitumineux, hydrocarbures de schiste, gaz naturel liquéfié, forages en eaux très profondes et en Arctique »[4].

Le choix de la Société Générale est donc plus que discutable.

Malheureusement, aucune banque ne semble inscrire résolument son action dans une logique « écologique ». Aucun placement garantie une gestion « éthique » qui nous assurerait que nos avoirs ne participent pas à la dégradation du climat. Le choix reste donc très compliqué.

Dans ce contexte particulier, il nous semble important que la Direction tente d’obtenir le plus de garanties possibles. Elle doit rappeler son attention particulière aux questions RSE et les attentes des salariés Worldline sur les questions écologiques. La banque devra se positionner sur les demandes et les recommandations des Amis de la Terre qui œuvrent à la préservation du climat[5]:

  • S’engager à éliminer progressivement tout soutien financier direct ou  indirect aux énergies fossiles, et  publier d’ici un an un calendrier explicite de sortie des énergies fossiles aligné sur l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C  
  • Mettre un terme à tout soutien financier dédié aux projets d’énergies fossiles
  • Mettre un terme à tout soutien financier aux entreprises ayant une part significative de leurs activités dans le charbon, les sables bitumineux, les pétrole et gaz en Arctique, les pétrole et gaz en eaux très profondes, les pétrole et gaz de schiste, le gaz naturel liquéfié, ainsi qu’aux entreprises prévoyant de développer leurs activités dans ces secteurs.
  • Adopter une stratégie d’engagement robuste auprès de leurs clients non couverts par les critères ci-dessus et conditionner le maintien de leurs soutiens financiers à :
    • la prise d’un engagement immédiat à s’aligner sur l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C
    • la publication d’ici 2020 d’un calendrier explicite de sortie des énergies fossiles aligné sur l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C

La banque devra être la plus transparente possible sur les différents fonds dans lesquels les salariés pourront investir leurs avoirs. Les informations économiques devront être complétées par la mise à notre disposition de toutes les informations nécessaires afin de pouvoir évaluer l’impact écologiques de nos avoirs en fonction de nos investissements.

La banque responsable de la gestion de nos avoirs devra présenter annuellement la situation de notre PERCO lors d’une réunion plénière du CSE. Les élus devront avoir la possibilité de suivre annuellement l’évolution des avoirs, les montants collectées, les montants distribués (En rente, et capital, etc.), les usages, l’évolution de la capitalisation des différents fonds, etc.

Cette présentation pourra donner lieu à une communication dédiée du CSE afin de transmettre aux salariés une synthèse des informations collectées lors de cette présentation.

La CFTC tente dès qu’elle le peut de sensibiliser la Direction sur ces enjeux afin que Worldline devienne exemplaire sur les questions écologiques.

Rien n’est encore figé, tout peut encore bouger. On suit tout ça de près et on revient vers vous prochainement.

Des questions ? N’hésitez pas à nous contactez !

Bien à vous

Toute l’équipe CFTC


[1] Voir le rapport OXFAM de novembre 2018 « Banques Françaises, les fossiles raflent la mise »

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Note de presse des Amis de la Terre, mars 2019.

[5] Ibid.

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3 commentsOn Un PERCO chez Worldline ?

  • Bon courage à vous pour cette négo.
    L’abondement de 300% limité à 50€ donne envie de pleurer…
    Quand aux frais de tenue de compte de 70€/an (qui s’appliquent en cas de départ de l’entreprise), c’est du vol! Chez nous (société d’ingénierie également), Natixis ne facture que 30€!

    • Merci Vincent pour ces informations.
      Nous tenterons d’améliorer la copie dès la prochaine réunion de négociation.
      Bien à vous

    • « L’abondement de 300% limité à 50€ donne envie de pleurer… »
      Je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher un « what ? » C’est du ridicule cette copie. Nous avons donc intérêt à ne pas mettre plus de 17€ …

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