CSE : retour à la case départ?

In CSE On
- Updated

La dernière réunion de négociation visant à la mise en place du Comité Sociale et Economique chez Worldline s’est déroulée le mardi 9 avril 2019.

Malheureusement, les deux heures de discussion ne nous ont pas permis d’avancer beaucoup.

Une rapide synthèse pour vous donner toutes les informations sur cette négociation décisive pour la suite …

Des problèmes sur la forme

Les échanges entre Direction et Organisations syndicales furent de mauvaise de qualité : on ne s’écoute pas, on s’invective, on s’agace et on s’énerve.

Ces problèmes de forme viennent évidement grever nos possibilités de progresser sur le fond et de réussir à construire un accord de qualité.

Nous reconnaissons pleinement notre part de responsabilité dans ces tensions : cette impression récurrente de ne pas réussir avec (ou à cause de ?) la Direction à être à la hauteur de l’enjeu de cette négociation nous désespère. On ne se comprend pas, on ne parle pas le même langage, on tourne en rond, on perd notre temps alors que nous sommes convaincus qu’une mécanique représentative de qualité est un atout fondamental pour notre entreprise.

Promis, coté CFTC nous essayerons d’être moins « passionnés » pour nos débats afin de faciliter écoute et échange.

Des problèmes sur le fond

Nos difficultés résident dans des divergences profondes sur les enjeux et les objectifs de cette négociation. Du coté des organisations syndicales, notre connaissance des difficultés mais aussi des réussites des instances actuelles nous invitent à approcher cette négociation de manière constructive et prudente : essayons de consolider ce qui marche bien tout en tentant d’apporter des réponses aux difficultés des représentant-e-s.

Du côté de la Direction deux obsessions semblent transparaitre de nos échanges :

  • Réduire le nombre de représentant et le cout de la représentation.
  • Limiter la protection juridique des représentants

A partir de là, tout devient assez lisible, nos incompréhensions et nos difficultés à communiquer s’enracinent dans des objectifs qui n’ont simplement rien à voir.

Prenons l’exemple de la proximité que nous avons essayé de traiter depuis 2 réunions : tout le monde s’accorde à dire qu’une équipe de représentant-e-s locaux est indispensable pour contribuer à la vie d’un site. Il faudrait donc arriver via un accord à organiser une représentation locale qui aurait les moyens de mener à bien des missions locales : mettre en place des activités culturelles, apporter une aide juridique aux salarié-e-s, s’assurer de la sécurité du bâtiment, aider à transformer nos sites afin qu’ils soient plus respectueux de l’écologie, etc.

Ce travail local est très consommateur de temps[1]. Il est donc indispensable que notre accord parvienne à l’encadrer et à le protéger, en lui garantissant des moyens et des bras.    

Notre proposition est donc de mettre en place des Représentant de Proximité (RP), comme le permet la loi, sur l’ensemble des sites. Ils viendraient décharger les élu-e-s du CSE d’une grande partie du travail local afin que ces derniers puissent se consacrer pleinement à leurs missions nationales. Cette solution aurait donc un double avantage : consolider la possibilité d’un travail local de qualité et donner les moyens aux élu-e-s du CSE de travailler pleinement sur des sujets nationaux. C’est l’un des problèmes des élu-e-s actuels qui ont tendance à privilégier le local au national, ce qui explique en parti pourquoi les commissions du CE ne fonctionnent pas très bien.

Pour la Direction, les Représentants de Proximité doivent être les élu-e-s du CSE. 52 élu-e-s, dont 26 suppléants avec seulement 10 heures de délégation, pourraient apatament facilement cumuler les missions du CE, DP et CHSCT actuel à un niveau national et également s’investir pleinement dans la vie de leurs sites respectifs. Notre problème d’efficacité, selon la Direction, « c’est que nous sommes trop nombreux. Si vous étiez moins nombreux, vous vous organiseriez mieux et seriez plus efficace. »  Là on met le doigt sur la volonté très forte de la Direction de réduire le nombre de représentant, avec une solution qui ferait passer le nombre d’élu théorique d’un peu plus de 150 à 52.

La Direction ajoute à ça la mise en place de référents locaux. Ils ne seront pas vraiment des représentants du personnel, mais assureront plutôt un rôle à mi-chemin entre la Direction et la représentation. Le projet de la Direction indique qu’ils « permettront au CSE de pouvoir réfléchir avec la direction sur les thématiques spécifiques suivantes : WBW, RSE, Ecologie, RIE ».

Leur nombre reste très limité. Il serait fonction de l’effectif des différents sites :

  • De 09 à 100 = 1 référent local
  • De 101 à 400 = 2 référents locaux
  • De 401 à 1000 = 3 référents locaux
  • Au-delà de 1000 = 4 référents locaux

Cette proposition de la Direction vise son second objectif : ces référents locaux n’auront aucune protection juridique. Cela pose de nombreux problèmes que nous détaillerons ultérieurement.

La suite

Plusieurs choses :

Nous allons tenter de présenter une photographie objective du fonctionnement actuel des instances : qu’est ce qui fonctionne bien ? Qu’est ce qui cloche ? Combien de temps les élu-e-s consacrent à cette mission ? Combien d’élu-e-s ne réussissent pas à prendre leurs heures de délégation ? Combien ont abandonné leurs mandats ? Etc.

Partager cette photographie, ce bilan des instances actuelles fut l’une de nos demandes lors des premières réunions. La Direction avait refusé notre proposition jugeant que cela nous ferait perdre trop de temps. A la vue de la qualité de nos échanges, il aurait été préférable de travailler en amont sur une compréhension partagée de la situation. On a perdu du temps mais on ne renonce pas de faire avancer les choses.

Ensuite, il nous semble indispensable d’alerter les salarié-e-s sur les risques importants pesant sur la représentation du personnel de demain chez Worldline. C’est évidement ensemble que nous devrons décider de la réponse à apporter à l’échec possible de cette négociation.

Plus d’information très prochainement.

Bien à vous

Toute l’équipe CFTC



[1] Nous vous proposerons prochainement un détail du travail local des représentants avec les temps nécessaires pour mener à bien ces missions

You may also read!

Synthèse du Comité d’Entreprise – Avril 2019

La dernière réunion ordinaire du Comité d’Entreprise s’est déroulée vendredi 12 avril 2019 à Bezons. Nous vous proposons notre synthèse critique

Read More...

CSE – le point sur la négociation : un nouvel espoir

Mardi 2 avril a eu lieu la 5ème réunion de négociation relative à la mise en place du CSE

Read More...

NAO 2019 : c’est parti !

La Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) relative aux augmentations de nos rémunérations débutera vendredi 5 avril.  Ce rendez-vous obligatoire entre Direction et

Read More...

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Mobile Sliding Menu