PIVA 2018 : une approche selon les sexes

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Bonjour à tous,

En guise de préambule, nous vous invitons à parcourir l’avis du Comité d’Entreprise sur la distribution des PIVA. L’analyse du CE soulève plusieurs problèmes au cœur de la mécanique des PIVA.

A travers notre analyse, nous aimerions attirer votre attention sur plusieurs difficultés. Il nous semble important de rendre visible ces zones d’ombres afin de pouvoir les discuter ensemble et d’y apporter des solutions le cas échéant.

Très bonne lecture !

Une vision globale

Pour les salarié-e-s en CDI au 1ier janvier 2018, 97% d’entre eux ont perçu une prime PIVA d’un montant moyen de 1800€. La prime maximale est de 5500€ alors que la plus petite atteint 375€. Pour les salarié-e-s en CDD et en CDI qui sont entré-e-s dans l’entreprise après le 1ier janvier, la prime moyenne atteint difficilement 1000€ avec seulement 57% de bénéficiaires. Il est intéressant de remarquer que le salarié le plus primé de cette catégorie du personnel reçoit un chèque de 3600€.

  • La différence de traitement entre les salarié-e-s en CDI et ceux en CDD/CDI embauchés récemment soulève plusieurs questions : Ce critère lié à l’ancienneté est-il bien pertinent pour évaluer le montant et les bénéficiaires de la PIVA ?  La règle visant à priver de prime les salarié-e-s embauché-e-s dans l’année est-elle conforme à l’esprit de notre accord ? Ne devrions-nous pas mettre cela de côté et nous concentrer sur le travail réalisé ?

Quelques chiffres supplémentaires pour les salarié-e-s en poste au 1ier janvier 2018 :

  • Le montant médian de la prime est de 1700€, c’est-à-dire que 50% des salarié-e-s ont perçu plus que cette somme et 50% moins de 1700€.
  • Le 1ier quartile et le 3ième quartile nous donnent respectivement 1300€ et 2200€.
  • Alors que le 1ier décile et le 9ième décile  sont de 880€ (10% des salarié-e-s ont une PIVA inférieure à ce montant) et de 2800€ (10% des salarié-e-s ont perçu plus que ce montant)

Une vision par sexe

La distribution des PIVA en fonction du sexe est bien évidement une dimension que nous suivons avec attention. Pendant trop longtemps, les femmes ont été discriminées, elles le sont peut-être encore, nous devons donc être vigilant.

Nous vous proposons une approche sur la durée nous permettant de comprendre les dynamiques de distribution des PIVA au fil du temps et des années. Plusieurs graphiques pour appuyer notre analyse qui nous permettront de soulever plusieurs questions.

PIVA moyenne par sexe

La tendance semble évidente à ce niveau de détail: les femmes perçoivent en moyenne des PIVA inférieures à celles des hommes. La tendance semble bien installer dans le temps, avec des PIVA moyennes inférieures pour les femmes chaque année depuis 2015.

Néanmoins ce graphique pourrait être trompeur. Il est en effet possible que la répartition des femmes et des hommes au sein des métiers de Worldline ne soit par homogène ce qui pourrait introduire un biais important dans ce graphique.

Une vision par sexe et statut

Nous nous contenterons de ce niveau de granularité, la Direction n’ayant pas souhaité nous communiquer des statistiques par code GCM en fonction des sexes.

Quelques chiffres préalables sur les effectifs :

  • Avec 410 femmes cadres en 2018, elles représentent 20% de la population totale de cette catégorie. Les femmes sont donc très minoritaires dans la catégorie qui perçoit les plus grosses primes.
  • Chez les agents de maitrise, la situation est plus équilibrée : les femmes représentent un peu plus de 40% de la population de cette catégorie qui comprend au total 156 personnes.
  • La situation est voisine chez les techniciens qui comptent 83 femmes pour 91 hommes, soit une situation proche de l’équilibre.

La distribution des femmes dans les métiers de notre entreprise est très déséquilibrée avec une sous-représentation importante des femmes cadres en comparaison des techniciennes et des agents de maitrise. Cette situation introduit un biais important et ne nous permet pas de conclure pour l’instant à l’existence d’une discrimination.

Continuons.

PIVA moyenne par sexe et statut

Ce second graphique nous permet de relativiser notre première impression et de progresser dans la compréhension de la situation chez Worldline. Chez les cadres, les hommes sont mieux traités que les femmes depuis 2016, les écarts restant néanmoins très limités. A l’inverse chez les agents de maitrise, les femmes perçoivent des  primes moyennes supérieures avec des écarts d’environ 200€ depuis 2015. Chez les techniciens là encore, les femmes arrivent en tête avec une prime supérieure de 50€ en moyenne.

Quelques pistes d’analyses et hypothèses :

Les écarts de traitement entre les hommes et les femmes Agent de maitrise posent plusieurs problèmes : une première lecture pourrait nous amener à conclure à l’existence d’un traitement défavorable pour les hommes. Les hommes seraient discriminés et joueraient chaque année pour des primes inférieures à celles des femmes.  

Il nous semble important de nuancer cette conclusion. Les femmes Agent de maitrise ont tendanciellement beaucoup plus d’ancienneté que leurs collègues hommes, elles sont plus âgées et perçoivent pourtant des rémunérations souvent équivalentes. Leurs carrières sont ralenties, elles stagnent dans les codes GCM en moyenne plusieurs années en plus que les hommes, etc. Un montant de PIVA supérieure pourrait simplement traduire un rattrapage sur salaire qui est souvent en décalage par rapport aux responsabilités et à l’expérience des salariés femmes.

La situation des techniciennes pourrait s’expliquer pour les mêmes raisons.

Un véritable chantier doit s’ouvrir avec les équipes RH afin de comprendre précisément ce qui se passe ces deux catégories professionnelles. La CFTC portera le sujet évidement J

Sur la sélectivité par sexe

Sélectivité des PIVA par sexe

Au global, les hommes sont mieux traités, il est tendanciellement plus facile pour eux d’avoir une prime que de ne pas en avoir. Néanmoins la différence de traitement reste très limitée, avec un écart d’un peu plus de 1 point depuis plusieurs années.

Une approche par statut pourrait se révéler plus éclairante :

Sélectivité des PIVA par sexe et statut

Courbe étrange qui soulève encore une fois plusieurs questions :

Encore une fois, le traitement réservé aux femmes semble être moins favorable que celui réservé aux hommes : alors que les enveloppes de PIVA ont augmenté en 2017 et 2018, la sélectivité se durcit pour les femmes techniciennes et agent de maitrise. A l’inverse, pour les hommes il devient plus facile de toucher une prime des lors que l’enveloppe total des primes augmente. Ce qui semble évidement normal. Comment expliquer cette dynamique opposée entre les hommes et les femmes ?

Remarquons que la situation des cadres est légèrement défavorable aux femmes, mais avec des écarts bien moindre que les autres catégories professionnelles.

On en reste là pour aujourd’hui.

Une analyse par code GCM et par « patron de BU » suivra dans les prochains jours.

N’hésitez pas à commenter. Et pour toutes questions, nous sommes disponibles.

Bien à vous

Très bonne lecture !

Toute l’équipe CFTC

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